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  • Classement du Médoc 2009 : les 1ers Grands Vins

    Si les vins du Médoc sont réputés, ce n’est pas pour être des vins intouchables à cause de leur prix ou “putassiers”, ces vins ou micro-cuvées qui n’existent que pour rafler de bonnes notes à des concours et ne correspondent plus à la grande tradition médocaine. Ces pratiques sont une honte pour la majorité des grands vins de la région, qui sont des vins fermés dans leur jeunesse, typés par leur terroir, et qui demandent d’évoluer dans le temps pour s’exprimer, en fonction de chaque millésime, respectant ainsi la nature. La force du terroir est la base de tout. Les autres sont sans intérêt, et les prix sont souvent déments.

     

    Voici les coups de cœur de mon nouveau CLASSEMENT 2009 : Les 1ers Grands Vins Classés

     

     

     

    Château GRAND PUY LACOSTEPAUILLAC Château GRAND PUY LACOSTE

    Château GRAND PUY LACOSTE

    (PAUILLAC)
    Domaines François-Xavier Borie
    BP 82
    33250 Pauillac
    Téléphone :05 56 59 06 66
    Télécopie : 05 56 59 22 27
    Email : dfxb@domainesfxborie.com
    Ou : www.haut-batailley.fr

    Incontestablement au sommet. François-Xavier Borie vit ici avec son épouse, Marie-Hélène, et leurs enfants, ce qui n’est pas si courant dans le Médoc. Les 55 ha de vignes (75% Cabernet-Sauvignon, 20% Merlot et 5% Cabernet franc) sont situés tout autour du château, sur une belle croupe très graveleuse. Splendide Pauillac 2005, très corsé, au nez complexe (fraise des bois, réglisse), d’une grande intensité en finale avec ces notes bien persistantes et très caractéristiques de fumé, de mûre et d’épices, de belle base tannique, puissant et complet, de garde. Le 2004 est superbe, de couleur très profonde, avec des tanins intenses, un nez complexe où l’on retrouve les fruits cuits (cassis, groseille, mûre) et l’humus, avec cette finale subtilement poivrée qui fait tout son charme, un vin très distingué, de belle garde. Le 2003 est toujours l’un des vins les plus séduisants de ce millésime, d’une belle robe de couleur intense et soutenue, d’un très bel équilibre en bouche, très riche et concentré, un grand vin équilibré et ample, racé, avec ces notes caractéristiques de petits fruits rouges frais, d’épices et de truffe, très prometteur. Remarquable 2002, un vin très corsé, de couleur soutenue, très riche, alliant structure et bouquet, intense au nez comme en bouche (fraise des bois, réglisse, épices). Le 2001 est superbe, gras en bouche, avec des arômes persistants (pruneau, grillé), structuré et charpenté avec beaucoup d’élégance, ample et séveux en finale, aux tanins savoureux comme ce 2000, où couleur, structure, concentration et distinction s’associent dans ce grand vin à la fois d’une belle finesse et d’une charpente très dense, de longue garde. À la suite, il y a ce 99, de belle robe grenat, aux notes d’épices et de sous-bois, aux tanins puissants et savoureux à la fois, complexe, de très bonne garde. Le 98 est d’un grand classicisme, tout en bouche, concentré, associant ce gras caractéristique à des notes finement boisées, un vin puissant, de très bonne évolution. Plus souple, bien sûr, le 97 est parfait actuellement sur un gibier d’eau, intense et complexe au nez comme en bouche, parfumé (mûre, épices...), un vin rond, aux tanins harmonieux, persistant en bouche. Riche, très parfumé, le 96 est savoureux, ferme, suave, mêlant charpente et charme, souplesse et richesse, aux notes de fruits mûrs avec des nuances d’épices. Goûtez son La Coste-Borie, une valeur sûre. Le rapport qualité-prix-typicité est exceptionnel.


    Château CALON-SÉGUR

    Château CALON-SÉGUR

    (SAINT-ESTÈPHE)
    Denise Gasqueton

    33180 Saint-Estèphe
    Téléphone :05 56 59 30 08
    Télécopie : 05 56 59 71 51
    Email : calon-segur@calon-segur.fr

    Incontestablement au sommet (voir encadré). 2005 est exceptionnel, d’une grande harmonie au nez comme en bouche, concentré, très intense, de couleur pourpre soutenu, un vin d’une grande complexité aromatique avec des nuances de truffe et de réglisse, de très belle bouche, vraiment très prometteur. Le 2004 est fantastique, d’une grande fraîcheur que lui apporte le terroir justement, un millésime d’un grand classicisme, d’une grande finesse mais puissant, un vin très intense, très parfumé (fruits cuits, réglisse...), d’évolution lente. Très beau 2003, encore fermé bien sûr, plus exubérant (c’est le millésime qui veut cela), volumineux, d’une belle couleur pourpre, charnu et parfumé, au nez persistant de petits fruits rouges mûrs, de cuir et de sous-bois, avec beaucoup de matière. Le 2002 est superbe, très classique, une réussite, très puissant, de robe grenat intense, au bouquet complexe où se marient des notes fruitées et de sous-bois, un vin gras et distingué, aux tanins fermes, de garde. Exceptionnel Saint-Estèphe 2001, aux nuances épicées, dense, tout en harmonie, riche au nez, aux senteurs de mûre et d’humus, et des nuances de cuir et de pruneau.


    Château MONTROSESAINT-ESTÈPHE Château MONTROSE

    Château MONTROSE

    (SAINT-ESTÈPHE)
    M.Glumineau

    33180 Saint-Estèphe
    Téléphone :05 56 59 30 12
    Télécopie : 05 56 59 71 86
    Email : chateau@chateau-montrose.com
    Ou : www.chateau-montrose.com

    À la tête des Premiers Grands Vins Classés (voir article Talent). Montrose est un très grand vin, lent à se faire, certainement l’un des plus beaux vins de la région, qui reste à un niveau de prix très justifié et devrait faire rougir les “cuvées de garage”. La force de ce cru, c’est ce vignoble qui est implanté sur une croupe graveleuse très bien exposée, composée de grosses graves pyrénéennes liées par du sable ferrugineux sur 3 à 4 m de profondeur. Splendide Saint-Estèphe 2005, généreux, très coloré, au nez dominé par l’humus et les petits fruits rouges, un vin charnu et structuré, de bouche voluptueuse où se mêlent les nuances de groseille et de fumé, légèrement épicé en finale comme il se doit, aux tanins denses, de grande évolution. Le 2004 est un grandissime millésime, puissant, dense et ferme, d’une grande complexité aromatique avec des nuances de truffe et de d’humus, d’une superbe finale fine et charnue à la fois, de grande évolution. Le 2003 est un grand vin “noir”, avec beaucoup de matière, très parfumé, de grande évolution, un millésime qui demande de la patience, tant il serait ridicule de le déguster aujourd’hui. Le 2002, tout en couleur et en matière, au nez subtil, avec ces notes très caractéristiques et très persistantes de fumé et d’épices, aux tanins puissants, est complet, de garde. Le 2001 est superbe, où couleur, concentration d’arômes, structure et finesse sont associées dans ce grand millésime, de robe profonde, aux tanins très fermes et savoureux à la fois. Si vous en trouvez, foncez sur le 96, au nez envoûtant de gibier, un grand vin très riche, avec du charme, de la complexité et de la puissance. Le second vin, La Dame de Montrose, est régulièrement une réussite. On est bien au sommet.



    Château RAUZAN-GASSIESMARGAUX Château RAUZAN-GASSIES

    Château RAUZAN-GASSIES

    (MARGAUX)
    Famille Quié

    33460 Margaux
    Téléphone :05 57 88 71 88
    Télécopie : 05 57 88 37 49
    Email : rauzangassies@domaines-quie.com
    Ou : www.domaines-quie.com

    Au sommet, ce qui vient récompenser un beau rapport qualité-prix-typicité, et la passion des enfants de Paul Quié, Anne-Françoise et Jean-Philippe. Dégusté sur place, ce superbe Margaux 2006, un vin authentique comme on les aime, d’une très grande typicité, de robe brillante, aux notes de framboise et de cerise, ample et gras, où s’entremêlent harmonieusement en finale les épices et la mûre, qui associe structure et onctuosité, de bouche suave. Beau 2005, coloré, structuré, élégant, avec des tanins veloutés, qui mêle distinction et richesse, de belle garde, naturellement. Le 2004, au nez présent avec des notes de violette, de réglisse et de pruneau, allie finesse et structure, ample et persistant en bouche, un vin d’une grande distinction. Le 2003, de belle robe pourpre, au nez dense et subtil à la fois, aux connotations de cassis mûr et de truffe, fondu mais puissant. Très beau 2002, corsé, parfumé, aux notes complexes où dominent les épices et l’humus. Très classique, le 2001, au nez de griotte et de truffe, est bien charpenté, ample en bouche, aux tanins savoureux et puissants à la fois, avec une finale de cassis mûr, un vin racé, de garde. Le 2000 est dans la lignée, avec des nuances de cuir et de cannelle. Goûtez leur excellent Haut-Médoc Château Bel-Orme-Tronquoy-de-Lalande. Même propriétaire que le Château Croizet-Bages.


    Château DESMIRAILMARGAUX Château DESMIRAIL

    Château DESMIRAIL

    (MARGAUX)
    Denis Lurton

    33460 Cantenac
    Téléphone :05 57 88 34 33
    Télécopie : 05 57 88 96 27
    Email : contact@desmirail.com
    Ou : www.chateau-desmirail.com

    Au sommet. Propriété de 30 ha (60% Cabernet-Sauvignon, 39% Merlot et 1% Cabernet franc). Denis Lurton est sympathique et passionné, et s’attache à laisser s’exprimer au mieux son terroir, en proposant des vins comme on les aime, qui bénéficient d’un bien beau rapport qualité-prix-typicité. Très beau Margaux 2005, de belle matière, au nez puissant de cassis et de sous-bois, très dense, aux tanins veloutés et soyeux, avec des notes intenses en bouche de fruits surmûris et d’épices, un vin charpenté, gras et persistant, vraiment réussi. Le 2004 est un grand vin, de couleur très profonde, avec des tanins intenses et savoureux à la fois, un nez complexe où l’on retrouve les fruits cuits et l’humus, de garde, bien entendu (voir encadré).


     

     

     

     

    Millesimes

     

     

  • Des Bordeaux savoureux dans VinoVox

    Château Muret


    Une place toujours très enviable dans le Classement 2008 pour ce domaine de 25 ha (moitié Cabernet, moitié Merlot), entièrement restructuré (construction d’une cuverie moderne, d’un chai à barriques...). Beau Haut-Médoc 2004, un vin dense où domine l’élégance et la finesse, aux notes de truffe et de fraise des bois, prometteur. Le 2003, velouté, souple avec une attaque fruitée de petits fruits rouges, est un vin gras, ...

    Château de Lugagnac


    Le Château de Lgagnac s’efforce depuis plus de trente ans d’offrir à ses clients des vins de qualité à des prix accessibles… Francois-Thomas Bon, responsable des vinifications, a su tirer profit d’un terroir bien spécifique marqué par la présence de calcaire fossilifère (il est fréquent de trouver des fossiles du quaternaire), sur lequel des porte-greffes soigneusement choisis, des sélections parcellaires et des rendements de ...

    L'exemplaire Château La Croix


    Au sommet. Jean-François Janoueix est chaleureux, respecté et respectable, et peut être fier de son Pomerol 2004, de couleur grenat, d’une belle concentration en bouche, aux notes de cuir et d’épices, un cru qui allie distinction et richesse. Superbe 2003, ample et distingué, gras, encore fermé, dense, aux tanins ronds, à la fois riche et souple, d’une belle finale en bouche, avec ces notes subiles d’épices et de cuir. Le 2002, ...

    Pigeonneau rosé au vin de Bordeaux


    Une recette de mon ami Claude Darroze

    4 pigeonneaux de grain,
    6 cuillères d'huile d'arachide,
    40g de beurre, 8 échalotes,
    1/2 litre de Bordeaux rouge (Graves),
    4 cuillères d'Armagnac,
    50g de foie gras, sel, poivre.

    Nettoyez et videz les pigeonneaux en réservant le foie. Barde-les et bridez-les en les salant un peu. Ajoutez l'huile, colorez sur feu vif et passez au four 10 mn. ...


    Les coups de cœur et le bluff


    Comme en Bourgogne, on ne peut que regretter que beaucoup de crus bordelais, réputés ou non, “classés” (en 1855..., merci pour l’actualisation) ou non, “classés” à Saint-Émilion ou en “Crus Bourgeois” du Médoc (les 2 classements étant juridiquement obsolètes, ce qui la fout bien) atteignent des prix qui ne sont plus conformes au plaisir qu’ils procurent. 
    J’aime les vrais vins de Bordeaux, du plus grand au plus modeste, et les consommateurs comme les producteurs savent que je défends ce qui les intéresse, et les distingue : le rapport ...


    La saveur de Carbonnieux


    Le Château Carbonnieux est situé sur un point culminant de la commune de Léognan, une très jolie bâtisse avec des tourelles de style périgourdin, et le vignoble d’un seul tenant tout autour sur un terroir graveleux légèrement pentu est parfaitement drainé par un cours d’eau nommé l’Eau Blanche. Carbonnieux est un cru classé Pessac-Léognan et se décline en rouge et en blanc.
    Les 50 hectares qui produisent le vin rouge ...


    Les meilleurs Premières Côtes


    Voir le Classement 2008

    Voir la Sélection de MILLESIMES

    Château ANNICHE
    Michel Pion
    33550 Haux
    Tél. 05 56 23 05 15 et 05 56 23 32 57
    Fax. 05 56 23 35 64
    On se fait plaisir avec son Premières-Côtes-de-Bordeaux 2004, de couleur grenat, avec beaucoup de structure, tout en bouche, bien équilibré, au nez de cerise et d’humus, de charpente très élégante mais puissante. La cuvée ...


    Millesimes

     

    Millesimes

     

     

  • Le point sur Bordeaux et les nouveaux Classements

    Introduction Région Bordeaux du Guide Dussert-Gerber des vins 2009 (Albin Michel)

    Voir tous les Classements

    Comme en Bourgogne, on ne peut que regretter que beaucoup de crus bordelais, réputés ou non, “classés” (en 1855..., merci pour l’actualisation) ou non, “classés” à Saint-Émilion ou en “Crus Bourgeois” du Médoc (les 2 classements étant juridiquement obsolètes, ce qui la fout bien) atteignent des prix qui ne sont plus conformes au plaisir qu’ils procurent.  J’aime les vrais vins de Bordeaux, du plus grand au plus modeste, et les consommateurs comme les producteurs savent que je défends ce qui les intéresse, et les distingue : le rapport qualité-prix-typicité. Si l’on fait un grand Margaux ou un Pomerol racé à 40 ou 80 €, il les vaut bien.

    Idem pour une gamme plus abordable, en Graves, dans les Satellites, les Côtes ou en Bordeaux Supérieurs, où les progrès sont exceptionnels. En-dehors de quelques crus mythiques pour lesquels le prix n’est plus un facteur estimatif (on entre alors dans le monde du luxe), ce qui n’est pas du tout justifié aujourd’hui, et on l’a vu -hélas- avec les augmentations de prix du millésime 2005, c’est un Saint-Émilion “fardé” comme un acteur du carnaval de Venise à 80 e (voire bien plus), un “simple” Médoc à 25 €, un “bon” machin à 30 € ou un Bordeaux Supérieur ultra-barriqué à 15 €.  À force de prendre les consommateurs pour des gogos (demain, les Russes ou les Chinois le comprendront aussi), certains vont s’en mordre les doigts... Pour mémoire, il existe deux “crises” actuellement, très différentes, voire opposées, dans beaucoup de vignobles : celle, désastreuse pour ceux qui la subissent, qui touche certains viticulteurs, la plupart étant dépendants des prix trop bas du tonneau, qui ont du mal à se faire rémunérer correctement. Les causes sont complexes (un certain négoce peu solidaire parfois, une politique de plantation trop importante, des barrières étatiques…). Ils méritent d’être soutenus, et l’on fera ce que nous pouvons pour les aider. C’est une crise sociale.

    L’autre crise concerne un bon nombre de vins, à Bordeaux, notamment : trop chers ou trop sensibles à la mode (“vins de garage”), trop endormis sur leurs lauriers, trop imbus d’eux-mêmes, alors que le respect des consommateurs (proposer un vrai rapport qualité-prix cohérent) est impératif. Les acheteurs se sont sentis lésés. On parle beaucoup trop d’argent, de prix, de bonnes notes glanées chez un “gourou” quelconque, et c’est ce que le consommateur retient, alors que, bien sûr, ceci ne concerne qu’une petite minorité. C’est une crise de confiance, et, en même temps, une crise d’identité, tant un bon nombre de vins ont perdu leur spécificité. Les “primeurs” (depuis 2000, et surtout 2005 où certains crus ont sorti des prix déments et incautionnables) font des vins bien trop chers, et cela commence à créer un sérieux malaise à Bordeaux, tant il y a de différence entre 2 vins d’une même appellation.

    Pourquoi payer une bouteille à 50 ou 200 e quand on peut trouver du plaisir dans une bouteille 4 à 10 fois moins chère (même si, et je le sais, que les vins ne sont pas “comparables”) ? Je n’ai jamais soutenu ces vins “parvenus” qui se moquent bien du marché français (et de ses consommateurs). Je ne suis pas non plus intéressé par les vins “confiturés”, sans âme ni vertu, qui font tort à la grande spécificité bordelaise. Pour faire ces “vins”, on récolte des raisins surmaturés, on concentre à outrance (avec des concentrateurs) lors des vinifications, on met le tout dans des barriques où le bois peut, sur demande auprès des tonneliers, vous donner le goût que vous recherchez (de la vanille, du sirop, de la confiture…), et on vous sert un vin à la limite de l’écœurement, noir comme de l’encre, gras comme de l’huile et parfumé comme votre bureau en bois.

    Si les vins du Médoc sont réputés, ce n’est pas pour être des vins intouchables à cause de leur prix ou “putassiers”, ces vins ou micro-cuvées qui n’existent que pour rafler de bonnes notes à des concours et ne correspondent plus à la grande tradition médocaine. Ces pratiques sont une honte pour la majorité des grands vins de la région, qui sont des vins fermés dans leur jeunesse, typés par leur terroir, et qui demandent d’évoluer dans le temps pour s’exprimer, en fonction de chaque millésime, respectant ainsi la nature. La force du terroir est la base de tout. Les autres sont sans intérêt, et les prix sont souvent déments.

    À Pomerol, il y a des vins splendides, très typés par le Merlot qui se plaît à merveille dans ces territoires diversifiés. Il faut noter que, les exceptions et les excès confirmant la règle, les vins bénéficient d’un rapport qualité-prix-typicité justifié par la rareté comme par la convivialité et l’amour du vin.

    À Saint-Émilion, on revient dans les histoires de clochers, et à beaucoup trop de frime. Outre un Classement “officiel” qui fait plutôt sourire, faisant “monter” certains crus pour le moins incongrument et discréditant d’autres (Guadet, Faurie, Cadet-Bon, Lamarzelle, Petit Faurie de Soutard, La Tour du Pin Figeac...) qui ne le méritent vraiment pas, on ne peut aussi qu’être déçu par des vins totalement “fabriqués”, vinifiés par ceux qui croient avoir la “science infuse” et veulent nous faire croire qu’en mettant un vin “200 % en barriques neuves” ou en multipliant les manipulations œnologiques, les concentrations et des “essais”, on sait faire du vin ! Ceux-là se moquent des amateurs et des autres vignerons de l’appellation que nous défendons,qui savent très bien s’il faut mettre 10 %, 20 %, 30 %, 50 % de leurs vins en barriques neuves, ou moins, ou plus, selon la force du millésime et la structure du vin. On ne fait du bon vin, et a fortiori un grand cru, que sur des terroirs propices, de la “crasse de fer” aux argiles profondes, assortis de dépôts marins ou d’alios. Gare à certains prix, totalement injustifiés.

    Les meilleurs vins de Montagne, Puisseguin, Lussac ou Saint-Georges se retrouvent dans le Classement des “Satellites” de Saint-Émilion, et proviennent de terroirs spécifiques, limitrophes ou rapprochables d’autres sols d’appellations plus prestigieuses, ce qui leur permet de devenir de grands vins à part entière. Bien que certains tentent de les mélanger, les deux appellations

    Canon-Fronsac et Fronsac partagent à la fois des différences et des similitudes. Là aussi, des vins sont surcotés et beaucoup plus marqués par leurs vinifications que par un terroir.

    Pour les Graves, il existe une variété importante de styles de vins. Cela va des crus réellement (et historiquement) exceptionnels, issus des territoires de Pessac, Martillac ou Léognan, mais aussi ceux de Podensac ou Portets, certains d’entre eux, dans les appellations Pessac-Léognan (quelques-unes des plus belles bouteilles de la région dans les millésimes 2005 et 2004) comme dans celle des Graves, bénéficiant d’un remarquable rapport qualité-prix-plaisir, d’autres crus atteignant des prix difficilement cautionnables. C’est évidemment le berceau des grands vins blancs de la région bordelaise.

    Dans les appellations de Côtes, qui se cherchent toujours, il s’agit de choisir entre les vins typés comme nous les aimons, et d’autres cuvées très spéciales, dépersonnalisées (à ne pas confondre avec les cuvées de prestige retenues), faisant la part belle à des vinifications trop sophistiquées, peu propices à mettre un terroir en avant, s’il existe.

    Dans les Bordeaux Supérieurs, les progrès sont constants depuis plus de dix ans, et, loin de la démence des prix de certains autres “cuvées Spéciales”, on savoure de nombreux vins remarquables pour leur rapport qualité-prix-plaisir. La plupart des propriétaires retenus élèvent aussi de jolis Bordeaux blancs qui ont du mal à se faire une image.

    À Sauternes (et Barsac), l’équilibre géologique et climatique de la région en fait un milieu naturel idéal pour cette fascinante biologie qu’est le Botrytis cinerea. L’appellation a connu une série de millésimes très différents, du plus exceptionnel (2007, 2004, 2001) au plus difficile (2002). Attention au passerillage, qui n’a rien à voir avec le Botrytis... En liquoreux, les appellations situées face à Sauternes, recèlent des vins onctueux, qui ont du mal à se faire un nom, pourtant d’un très bon rapport qualité-prix-plaisir. Mes Classements 2009 sont la garantie de ne pas vous faire avoir. Gare au bluff, donc. Voir les Classements interactifs Millesimes

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